La vie à bras le corps

Les Veillées pour la Vie se sont généralisées en quelques années. Son responsable, Éric, se dépense sans compter pour promouvoir cette invitation à prier pour la vie le premier week-end de l’Avent, véritable élan d’une culture de vie dans les paroisses et les communautés.

Éric, 32 ans, mord dans la vie comme dans le suttel de sa cornemuse. Il souffle avec force dans cet instrument du fond des âges pour encourager les joueurs du RCV (Rugby club vannetais) dont il a la carrure. Morbihannais et marin, il a bourlingué et sonné des mélodies traditionnelles bretonnes sur plusieurs mers, debout sur le pont du voilier ou dans la lande, au coucher du soleil. La vie, il l’empoigne par tous les bouts, et se bat pour son respect depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.

En 2010, Éric, alors étudiant à Paris est touché par l’appel lancé par Benoit XVI : organiser, dans tous les diocèses du monde, des veillées de prière pour la vie naissante, le premier week-end de l’Avent. Plus de 500 veillées ont lieu dans notre pays. « Une carte de France recensait les lieux de prière. C’était un beau témoignage d’espérance pour notre société ! »
En 2011, Éric guette la reconduction des prochaines veillées pour la vie mais ne voit rien venir : « Je me suis demandé pourquoi on ne pourrait pas relancer ces veillées. J’en ai parlé à des journalistes, à différents sites « cathos » ; personne n’avait le temps ni les moyens de s’en occuper. » Aidé d’un couple et d’un séminariste, Le jeune homme décide alors de créer un blog pour référencer toutes les veillées et proposer des outils pratiques pour les animer : « Le projet était beau, il fallait le faire vivre. Le petit blog a tout de même canalisé 150 veillées ! » raconte Éric qui glisse avec humour : « Je n’ai pas réalisé tout de suite qu’on m’avait refilé le bébé ! » Comme il ne fait rien à moitié, il renouvelle l’expérience en 2012. « Comment rester immobiles face au drame de l’avortement, des projets de loi pour l’euthanasie, alors que nous avons, nous chrétiens, le pain de vie ? », s’enflamme ce passionné qui précise : « La prière pour la vie a une dimension missionnaire, c’est demander à Dieu sa grâce pour la conversion du coeur et l’avènement d’une culture de vie et de l’amour. Elle rassemble toutes les sensibilités de l’Église. » Le pape François bénira les Veillées pour la Vie en 2013 et 2017.

Prière, formation, action

Le bébé grandit. L’équipe de bénévoles s’étoffe, le mouvement se structure en association et se consolide. « Il fallait lui donner des perspectives à hauteur des enjeux de notre société. » Éric découvre dans la lettre de saint Jean-Paul II Evangelium Vitae, que le renouvellement de la culture de vie doit commencer par les communautés chrétiennes. Avec ses amis, il lance les neuvaines « Neuf jours pour neuf mois » afin de former le coeur et l’intelligence à tous les enjeux de la culture de vie. « La neuvaine se trouve sur notre site internet, neuf jours avant le premier week-end de l’Avent. Chaque jour, on voit le bébé grandir dans le ventre de sa mère, un thème différent est développé et des documents de formation sont accessibles à tous. »
Après la prière et la formation, une troisième dimension apparait dans le mouvement : l’action sociale. « Nous soutenons des maisons d’accueil pour futures mères en détresse. »
En 2015, le jeune homme tombe gravement malade : une tumeur cérébrale est détectée. « J’ai appris à combattre pour la vie au-dedans de moi. Je suis plus à même d’en témoigner ! », souligne ce battant qui s’appuie sur les grâces des sacrements au jour le jour.

Depuis cette épreuve, les Veillées pour la Vie continuent de plus belle. Près de 300 veillées ont eu lieu en 2017. Sur le site internet (1) , des kits d’organisation prêts à l’emploi proposent des veillées toutes prêtes avec des témoignages, des suggestions de chants, des méditations et même des affiches pré remplies. L’onglet « Motive ton prêtre » propose des lettres pré-écrites à destination des évêques et des prêtres. « Nous voulons faciliter le travail des missionnaires de la vie », explique Éric qui rêve de 1 000 veillées partout en France. Pourquoi pas dès 2018 ?

Article paru dans Chrétiens en Morbihan n°1482 du 27 octobre 2018