Article à paraître dans la revue « Chrétiens en Morbihan » de janvier 2026
Derrière les statistiques dramatiques,
un souffle d’amour et d’espérance
Le 20 novembre, le Secours Catholique a dévoilé son rapport annuel sur la Pauvreté en France. Basé sur les remontées de terrain de 2024, il dresse un constat plutôt amer. À cela s’ajoute le poids du regard de la société sur les personnes pauvres, oscillant entre indifférence et stigmatisation. Plus que jamais, le Secours Catholique tire la sonnette d’alarme et appelle à un sursaut de fraternité.
Des chiffres effrayants
30 ans après que la pauvreté a été déclarée grande cause nationale, la situation ne fait que s’aggraver, la précarité touchant de plus en plus de foyers : beaucoup de mères seules avec des enfants, souvent confrontées à des problèmes de logement et à une précarité alimentaire et énergétique, mais aussi des habitants de secteurs ruraux, que l’âge ou les coûts de la mobilité plongent dans l’isolement et le dénuement, et de plus en plus de travailleurs, fragiles malgré un emploi stable. La pauvreté apparaît aussi davantage liée à des problèmes de santé ou de handicap.

Devant le Fraternibus, Audrey Lemarchand (déléguée territoriale), Jocelyne Josso (bénévole depuis 30 ans),
Sylvie Jubin (présidente du Secours Catholique 56), et Magali, mère de famille aidée par le Secours Catholique
Dans le Morbihan,
- les mères isolées représentent 26,2% des personnes rencontrées contre 20,8% en 1995,
- les familles représentent 49,9% des accueils soit 12 points de plus en 30 ans,
- les ruraux représentent 69,8% des demandes d’aide contre 27% en 2004,
- 65% des ménages accompagnés vivent sous le seuil d’extrême pauvreté (+12 points en 10 ans).
33 équipes locales dans le Morbihan. Avec ses 45 points d’accueil, le Secours Catholique de notre diocèse est un acteur reconnu qui, en lien avec les services sociaux, offre un accompagnement fraternel de proximité. Prenant le temps de la rencontre, il permet aux 4 500 familles aidées chaque année de construire une amélioration durable de leur situation, en veillant à « faire avec » plutôt qu’« à la place ». L’aide alimentaire prend dorénavant une place prépondérante, mais l’aide à la mobilité est aussi un vrai enjeu, tant elle est indispensable pour l’accès au travail, à l’alimentation, à la santé, etc.
Face à ces besoins immenses, les antennes locales font montre d’une inventivité sans limite. Les épiceries solidaires (dont le réseau de producteurs locaux permet une alimentation digne et durable), le soutien scolaire et l’offre de vacances pour les enfants, premières victimes de la pauvreté, ou encore le Fraternibus, dont le tout nouveau fourgon sillonne chaque semaine les quartiers, n’en sont que quelques exemples.
Des histoires édifiantes
Chacune des histoires vécues au Secours Catholique témoigne des miracles que provoque la fraternité. Un homme âgé, qui parcourait 12 km à pied pour venir à l’épicerie solidaire, ne viendra plus seul. Tel mécanicien, telle couturière, partage son savoir-faire avec les autres bénéficiaires, chacun donnant à sa mesure. Une jeune, qui s’était renfermée sur elle-même à la suite d’un accident de santé de son père qui a plongé toute la famille dans la pauvreté, retrouve le goût de vivre et esquisse un parcours vers l’emploi. Sa mère, à la combativité sans faille, a pu affronter la maladie et les lenteurs administratives aux conséquences dramatiques grâce à l’aide financière reçue et retrouver courage et dignité auprès de bénévoles dont la générosité est aussi infaillible que leur immense simplicité.
Que faire ?
Le Secours Catholique a lancé sa campagne de fin d’année, tous les dons seront les bienvenus pour affronter l’urgence des situations de précarité extrême. Le Pape nous a rappelé récemment dans Dilexi Te (n°119) que l’aumône est un devoir. Il est possible aussi de rejoindre les 750 bénévoles de notre diocèse, de donner un peu de son temps et de ses compétences. Ne croyez pas que les seuls « bénéficiaires » soient ceux qui viennent chercher de l’aide au Secours Catholique : les bénévoles eux aussi peuvent attester du chemin parcouru, individuellement et en équipe, et du bonheur reçu autant que donné !
Invitation du Secours Catholique 56 à débattre sur le parvis de la cathédrale ce samedi 29 novembre :
