Appel décisif à Guer : « Je t’ai appelé par ton nom »

Ils étaient 28 adultes de 24 à 60 ans à être appelés par Monseigneur Centène. Leur réponse les a engagés un peu plus avant dans le chemin vers le baptême, le jour de Pâques. Ce « Me Voici » prononcé  debout par chacun d’eux, librement, officialise devant toute la communauté leur engagement à la suite de Jésus. Désormais admis aux sacrements de l’initiation chrétienne, commence alors le temps  » de la purification et de l’illumination des catéchumènes » : ils sont invités au combat spirituel sans lequel il n’est pas de vie chrétienne.

Je t’ai appelé par ton nom

Isaïe 43, 1

« Ce n’est pas seulement la préparation au baptême, c’est toute la vie chrétienne qui est un combat« , dira Monseigneur aux catéchumènes dans son homélie. « Un combat spirituel, un combat dans lequel les forces du mal qui sont présentes dans le monde, mais d’abord dans nos cœurs, dans nos vies, dans nos habitudes, cherchent à s’opposer à la volonté de Dieu, à nous détourner de Lui, à dénaturer notre relation aux choses, aux autres et à Dieu. »

« Pour mener ce combat, nous avons, comme Jésus, l’appui de la parole de Dieu. »

« Alors apprenons, nous aussi, à nous familiariser avec cette parole de Dieu. Et pour cela il faut prendre l’habitude de la fréquenter, de l’écouter, de la lire, de la méditer, de la ruminer. Dans la 2ème lecture aujourd’hui, nous avons entendu l’apôtre Paul nous dire que cette parole n’est jamais loin de nous. Elle est dans notre bouche, elle est dans notre cœur. Apprenons à la reconnaître, à la discerner, à l’écouter, à nous laisser façonner et former par elle. Pour qu’elle soit toujours, pour nous, un rempart dans nos tentations.« 

Une écharpe violette, l’écharpe des appelés, a été remise personnellement
par Monseigneur Centène à chacun des catéchumènes, venus en procession  accompagnés de leur parrain ou marraine.  

Puis, l’imposition des mains par l’évêque sur l’ensemble des catéchumènes réunis devant l’autel, a été un moment fort de la célébration, par lequel Monseigneur Centène a invoqué l’Esprit Saint afin de les fortifier dans leur marche de nouveaux disciples, faisant cette prière :


« Dieu notre Père, depuis longtemps, Tu es venu au devant de Tes amis
Aujourd’hui, Tu les appelles à devenir tes fils dans le baptême de la nouvelle naissance.
Tu as mis sur leur chemin des témoins de ton Fils ressuscité. Tu leur as révélé le mystère inouï de ton Amour.
Rends-les dociles à ton Esprit et persévérants dans l’effort pour qu’ils soient, jour après jour, de plus en plus fidèles à cet appel ».

Enfin, la signature des registres qui a suivi, a marqué l’adhésion des catéchumènes par l’inscription de leur nom.

Après l’appel décisif, trois célébrations (appelées scrutins) auront lieu trois dimanches de suite.  » Les scrutins sont le dévoilement en Jésus-Christ de la puissance de salut qui opère pleinement dans le baptême, la confirmation et l’eucharistie, sacrements que les catéchumènes vont recevoir dans la grande Vigile pascale, au terme du carême. » 

Retrouvez la célébration en photos :

Toutes les photos de la remise d’écharpe ici

Ils témoignent après l’appel

Elle sera baptisée avec sa fille de 18 mois. Christelle, de Carnac, se prépare depuis deux ans. Après un parcours difficile, confie-t-elle, « j’ai eu le déclic en intégrant le collège-lycée Ste Anne à Ste Anne d’Auray« , comme assistante d’éducation. Elle sera baptisée en même temps que sa fille de 18 mois, Servane, le jour de Pâques. Pour elle, le fait d’avoir été « appelée » aujourd’hui lui a permis d’entrer dans la communauté de l’Eglise, de se sentir intégrée. Elle continuera d’aller à la messe à Carnac ou à Sainte Anne d’Auray.

Adopté, converti par sa compagne, une conversion fulgurante. Jimmy habite à Lorient depuis 24 ans, il en a 31. Il vient de Madagascar. « J’ai été adopté. Je suis arrivée en 1994 en France à cette même date qu’aujourd’hui. C’est comme une boucle : je suis sûr que c’est un clin d’oeil de la Providence. » Il s’est converti avec sa compagne Enora il y a deux ans, avec qui il a un fils de 18 mois, baptisé. « J’ai rencontré des personnes formidables qui m’ont nourri dans ma conviction et dans ma foi, ce qui a fait que je n’avais plus aucun doute« .  « Ça a été fulgurant« . La Foi, « ça donne des ressources qui permettent de surmonter les épreuves. On se sent utile à soi-même et aux autres« . Jimmy sera baptisé dans un an, afin de parfaire son cheminement. « J’étais impressionné de voir autant de monde à faire la démarche« .  « Aujourd’hui je suis confiant« .

Enora et Jimmy : rayonnants !


Salem, Nasser et Victorine, convertis

Salem Mohammed était musulman et vivait à Madagascar, jusqu’à ce drame familial où son père, musulman, et sa mère,catholique, divorcent. Venu en France, il y rencontre sa femme, adventiste.Devenu père de famille, ses 4 enfants ne sont pas baptisés « Ils décideront quand ils voudront. Pour moi la religion doit être choisie librement», dit-il. « C’est une voie personnelle. »

Elevé avec le Coran, il cherche cependant « autre chose », et le trouve dans la foi catholique : le message d’amour de Jésus, universel, résonne en lui. Il prend le temps de réfléchir, puis rencontre le curé du lieu, à Ploërmel, avec qui il discute longuement. Un an plus tard, de lecture de la bible « Je l’ai lue en entier, un peu chaque jour, comme j’avais l’habitude de le faire avec le Coran » en rencontres avec des catholiques, il prend la décision de cheminer vers le baptême, pendant 3 ans : ce sera en avril prochain, le jour de Pâques !

Salem Mohammed a choisi son nom de baptême : ce sera Jacob.

« Le message d’amour de Jésus, c’est tellement énorme, ça m’a fait vibrer à l’intérieur de moi » « Ce message d’amour en communion avec la nature, avec l’humain […] m’a ouvert le cœur et l’esprit[…] m’a fait aller vers les autres. »

Voir la vidéo au bas de l’article

Le docteur Nasser Hamoud a 60 ans et est en France depuis plus de 30 ans. Sa femme Catherine l’a beaucoup encouragé à faire la démarche de catéchuménat, et ses 4 enfants l’approuvent.

« Je n’étais pas musulman pratiquant, mais j’ai été élevé en Syrie avec le coran, pendant 17 ans »,raconte-t-il. « Ce qui m’a plu dans le message christique, c’est que le Salut passe par Sa personne [Jésus]. Les prophètes en général propagent la Foi par la victoire. Et Lui, il a été vaincu,Il a été crucifié, et Il a gagné comme ça. C’est le contraire de tous, et c’est Lui qui a raison, à mon avis en tout cas. » complète le docteur Hamoud, convaincu.

Il a choisi pour nom de baptême Alban, car c’est à l’église Saint Alban d’Elven qu’il s’est marié avec Catherine. Lui aussi sera baptisé à Pâques de cette année.

Victorine a 34 ans et est originaire de la Côte d’Ivoire. En France depuis 12 ans, elle pose ses valises à Ploërmel avec son enfant, après avoir vécu à Paris. D’une famille catholique, elle n’est pas baptisée car « ma mère voulait nous laisser le libre-choix. » Fidèle de la messe du dimanche, elle oublie pourtant le baptême. 

C’est au cours d’une messe où des catéchumènes sont présentés à la communauté qu’elle ressent un « déclic » :« ça m’a donné des frissons et ça m’a fait réfléchir sur moi-même, […] sur ma Foi » confie-t-elle.« Si je ne passe pas par le baptême c’est que je suis pas encore une vraie chrétienne. Si je veux être plus près de Dieu il faut que je passe par là. »

C’est une amie, Karenn, qui l’inscrit au parcours du catéchuménat. « Je ne voulais pas, mais maintenant je la remercie car c’est beaucoup de joie. » Victorine ajoute : « je voudrais dire à d’autres consoeurs qui hésiteraient à faire la démarche, qu’elles le fassent, car une fois qu’on a le pied dedans, on ne ressent que de la joie. »

Prions pour eux !