A quelques jours de la solennité de l’Annonciation, les fidèles, diacres et prêtres des quatre communautés de paroisses du doyenné de Questembert se sont rendus nombreux en pèlerinage jusqu’au sanctuaire marial de Notre-Dame de la Tronchaye, à Rochefort-en-Terre. Édifiés par les témoignages entendus, nourris de l’Eucharistie et réconciliés avec Dieu, ils ont demandé par l’intercession de Notre-Dame la grâce d' »une disponibilité renouvelée » pour pouvoir dire à sa suite, de retour dans leurs paroisses : « voici la servante/le serviteur du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon Ta Parole ».

Les diverses routes empruntées par les pèlerins ont convergé sur le parvis de la collégiale, au pied du magnifique calvaire en granit (XVIème siècle) représentant des scènes de la Passion et de la Résurrection. Derrière les dizaines de bannières représentant chacune des paroisses et leurs saints patrons, ils ont rassemblé leurs prières pour la paix et leurs Ave, au rythme des mystères joyeux.
Ainsi, à quelques jours de la solennité de l’Annonciation fêtée le 25 mars, leur rassemblement anticipait« la joie du oui de Marie ». Et c’est dans ses pas maternels que Monseigneur Centène les a encouragés à affermir les leurs, sur un chemin de confiance en Dieu et de disponibilité à l’Esprit.


Avant la messe, deux témoignages ont confirmé ce cap. Anne-Marie, dont la grand-mère a été assassinée par 41 coups de couteau à son domicile, a retracé son chemin vers le pardon et la paix. Puis Christiane, après trois douloureuses années d’attente et d’espérance d’enfant, a rendu grâce à Dieu pour sa maternité.
« Nous ne sommes pas des chrétiens hors-sol »
A fortiori en ce sanctuaire où la statue de la Sainte Vierge allaitante a été retrouvée dans un tronc d’arbre, deux siècles après y avoir été cachée pour la protéger des invasion vikings, Monseigneur Centène a invité les pèlerins à relier l’Annonciation au mystère de l’Incarnation. « Dieu prend racine dans notre chair, dans notre humanité, dans notre histoire. Comme cette statue, protégée par le bois de l’arbre, la Parole de Dieu veut habiter au cœur de nos familles, de nos écoles, de nos entreprises, de nos exploitations. Nous ne sommes pas des chrétiens hors-sol ; nous sommes les héritiers d’une foi enracinée dans cette terre de Bretagne mais une foi qui doit sans cesse dire « oui » à la nouveauté de l’Esprit ».

Aux pieds de la statue, tous ont confié à l’intercession de Notre-Dame leur doyenné, la paix dans les familles, en France et dans le monde. Dans son mot d’accueil, le Père Patience-Aimé Bondeko, recteur du sanctuaire, a relayé un questionnement majeur porté par les pèlerins, alors que la violence « bat son record un peu partout » : « Que devons-nous faire concrètement pour que la paix ne reste pas qu’un concept mais devienne une réalité existentielle ? » interroge-t-il, avant de faire remarquer l’appel insistant de la Vierge Marie à la prière, à chacune de ses apparitions.
« Ne crains pas Marie »

« La première parole de l’ange à Marie est une invitation à la paix, cette paix pour laquelle nous sommes venus prier : « ne crains pas Marie », rappelle Monseigneur Centène. « C’est la même parole que je veux vous adresser à vous, membres des paroisses du doyenné de Questembert. Dans un monde qui change, où nos communautés chrétiennes traversent des défis, des doutes, des restructurations, nous pourrions être tentés par l’inquiétude (…) Marie nous montre le chemin de la confiance ».
Par cette célébration en doyenné de l’Annonciation, Monseigneur Centène a invité les paroissiens à entendre l’appel à « devenir ensemble des porteurs du Christ » : « A la suite de Marie, chaque mouvement, chaque service paroissial, chaque baptisé doit être un écho de la présence de Dieu. Le oui de Marie était un acte de service par lequel l’humanité a pu être transformée, élevée, divinisée. Le nôtre doit se traduire par la charité fraternelle, l’accueil des plus fragiles et la joie de l’Evangile partagée ». De cette écoute de la volonté du Seigneur et de cette disponibilité à Le servir dépend le rayonnement de la paix. « Que le Seigneur bénisse le doyenné de Questembert, qu’Il fortifie vos familles, qu’Il fasse de vous des témoins lumineux de Son amour, qu’Il apprenne à chacun à choisir toujours Sa volonté. Alors, comme le dit l’Ecriture, la paix s’étendra de la mer à la mer et du fleuve aux extrémités de la terre » (Zacharie 9, 10).











