
« Frères et sœurs bien-aimés, nous voici entrés dans la vigile solennelle : écoutons maintenant d’un cœur paisible la Parole de Dieu. Méditons, et voyons comment, dans les temps passés, Dieu a sauvé son peuple, et comment dans ces temps qui sont les derniers, il nous a envoyé son Fils comme Rédempteur. Demandons à notre Dieu de conduire jusqu’à son plein achèvement cette œuvre de salut inaugurée dans le mystère de Pâques. »
Monition introduisant les lectures de la veillée pascale.
LECTURES DE LA NUIT DE PÂQUES
1ère lecture : Genèse 1, 1—2, 2
Psaume 103, 1-2a, 5-6, 10.12, 13-14ab,24.35c
ou Psaume 32, 4-5, 6-7, 12-13, 20.22
2e lecture : Genèse 22, 1-18
Psaume 15, 5.8, 9-10, 11
3e lecture : Exode 14, 15—15, 1a
Cantique Exode 15, 1b, 2, 3-4, 5-6, 17-18
4e lecture : Isaïe 54, 5-14
Psaume 29, 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13
5e lecture : Isaïe 55, 1-11
Cantique d’Isaïe 12, 2, 4bcd, 5-6
6e lecture : Baruch 3, 9-15.32—4, 4
Psaume 18, 8, 9, 10, 11
7e lecture : Ézéchiel 36, 16-17a.18-28
Psaumes 41, 3, 5efgh ; 42, 3, 4
ou Psaume 50, 12-13, 14-15, 18-19
Lettre aux Romains 6, 3b-11
Psaume 117, 1.2, 16-17, 22-23
Évangile : Matthieu 28, 1-10
LES SIGNES DU BAPTÊME DANS LA VIGILE PASCALE
L’expérience du baptême

Le jour de notre baptême, nous avons été baptisés avec de l’eau, cette eau qui rappelle le déluge avec Noé, la traversée de la Mer Rouge à la sortie d’Égypte : cette eau qui submerge nous fait traverser la mort et passer à la vie. Mais l’eau du baptême rappelle aussi celle qui est sortie du côté du Christ sur la croix (Jn 19, 34) et celle qui sortait du côté du Temple (Ez 47, 1-12) : ces références bibliques montrent l’eau comme un signe de la grâce de Dieu qui ne tarit jamais. Ensuite, nous avons été marqués du Saint-Chrême pour nous consacrer en Dieu. Enfin, nous avons revêtu le Christ par le vêtement blanc et nous avons reçu sa lumière par un cierge allumé ou, si nous étions tout petit enfant, on l’a confiée à l’un de nos proches (parents, parrain ou marraine).
Le mot « baptême » vient du grec « baptizein » et signifie « plonger ». Dans les premiers temps de l’ère chrétienne, les baptêmes se faisaient par immersion totale. Même si aujourd’hui cela se fait très souvent par une imposition de l’eau sur la tête et rarement par immersion, la symbolique reste la même : en entrant dans l’eau, nous plongeons dans la mort du Christ, pour ressortir « revêtus » d’une vie nouvelle, celle du Ressuscité. Le baptême nous pousse ainsi à l’espérance de la vie qui ne s’éteint pas, et toute notre vie de chrétien est une attente de la vie éternelle auprès du Père.

Les signes du baptême dans la liturgie de la veillée pascale
La veillée pascale s’ouvre avec l’office de la lumière. Cela se passe de nuit en extérieur si le lieu et la météo du jour le permettent, sinon en intérieur au fond de la nef.
La rubrique n°1 de la Présentation Générale du Missel Romain précise : « Selon une tradition très ancienne, cette nuit est une veille en l’honneur du Seigneur’ (Ex 12, 42). Elle est ordonnée de telle sorte que, selon la recommandation de l’Evangile (Lc 12, 35- 37), les fidèles tenant en main leur flambeaux allumés soient semblables à des hommes qui attendent leur maître, afin qu’à son retour il les trouve en train de veiller et les fasse asseoir à sa table. »
Tous les fidèles tiennent en main un cierge, qui est d’abord éteint au début de la célébration, tandis que l’église elle-même est plongée dans la pénombre (Rubrique n°7). Le prêtre commence par la bénédiction du « feu nouveau » en demandant que nous soyons tous « enflammés d’un grand désir du ciel ». « Le prêtre allume alors le cierge pascal avec une flamme provenant du nouveau feu ». Puis la procession se met en place. Le diacre porte le cierge et chante à trois reprises : « Lumière du Christ » ; ce à quoi l’assemblée répond par : « nous rendons grâce à Dieu ». C’est au cours de ce triple dialogue que
les cierges des fidèles sont allumés, à partir du cierge pascal, signe du Christ ressuscité qui guide son peuple.
Après le temps de la Parole, une liturgie baptismale est mise en place, y compris quand il n’y a pas de baptêmes prévus ce jour-là (notons qu’il est de coutume de baptiser les adultes le soir de Pâques). Si le baptistère n’est pas facile d’accès pour toute l’assemblée, on apporte une cuve d’eau dans le chœur. Cette cuve est nommée dans le rituel « fontaine baptismale ». Puis le prêtre procède à la bénédiction de l’eau. Tous, alors, nous renouvelons les promesses de notre baptême avec le cierge allumé : ce renouvellement comprend la renonciation au mal et la profession de foi. Puis avec l’eau nouvellement bénite, l’assemblée est aspergée par le prêtre, tandis qu’elle chante « j’ai vu l’eau vive jaillissant du cœur du Christ, Alléluia ! ».

Pourquoi une liturgie baptismale le soir de Pâques ?
Le soir de Pâques est un temps liturgiquement marqué : nous entrons dans l’expérience de Jésus qui,
dans cette nuit du samedi au dimanche, est passé de la mort à la vie. Notre baptême est notre propre
Pâque, où Jésus nous délivre de la mort pour nous faire renaître de sa vie.
Le premier jour de notre alliance avec Dieu est celui du jour de notre baptême. Mais une alliance n’est pas l’histoire d’un seul jour : elle doit croître tout au long de notre vie. Pour cela, nous devons veiller à ce que la flamme de notre foi ne s’éteigne pas, ce que symbolisent nos cierges allumés. Car, comme des veilleurs, nous attendons le retour de Celui qui est à l’origine de cette alliance. Notre alliance avec Dieu se renouvelle donc périodiquement, le soir de Pâques.
Par ailleurs, un baptisé n’est pas seul, il fait corps avec le peuple de Dieu. Ce peuple, c’est l’Église, épouse du Christ. Dans les épousailles, l’Église vit de cette attente qui manifeste son amour pour le Christ, et le Christ-époux nourrit l’Église de sa présence. C’est donc en peuple rassemblé, et non chacun de notre côté, que nous renouvelons les promesses de notre baptême, en redisant les mots de notre alliance avec Dieu. Le soir de Pâques, catéchumènes et baptisés vivent par ce rituel une expérience semblable.