Visiteurs de malades : brillez !

Publié le 05/02/2026

Le prochain dimanche de la santé, ce 8 février 2026, est aussi l’occasion de mettre en lumière l’action des aidants et visiteurs de malades. Retrouvez le témoignage de Jacques, visiteur bénévole en Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), qui partage ici son expérience vivifiante aux côté des personnes.

L’« Université de la vie », cycle de formation bioéthique proposé par Alliance Vita, s’est déroulée cette année en trois lieux du diocèse : à Vannes, Pontivy et Quiberon. A travers des enseignements, des témoignages, des échanges et des exercices pédagogiques, les participants ont réfléchi et travaillé sur le thème « Le corps dans tous ses états ». Après une première soirée consacrée au volet « fertilité », les enjeux liés au vieillissement, aux soins palliatifs et à la fin de vie ont été décryptés au cours de la deuxième soirée. Enfin, les questions de l’addiction et du don d’organes ont fait l’objet du troisième et dernier volet.

A Quiberon, où plusieurs membres du SEM (Service Evangélique des Malades) ont pris part à la formation, Jacques, visiteur en Ehpad était invité à donner son témoignage.

« Comment être témoin d’humanité auprès du grand âge en Ehpad ?»

A l’origine de son engagement bénévole auprès des personnes âgées, Jacques, fraîchement retraité, a répondu à l’invitation d’un ami : le rejoindre pour visiter les résidents de l’Ehpad de la Trinité-sur-mer.
« En cette période où la société n’en finit pas de tergiverser au lieu d’aimer, où les mots mêmes semblent vidés de leur sens quand on ose parler d’une « loi de fraternité pour aider à mourir », j’ai ressenti comme une urgence de me lever pour entourer nos aînés jusqu’à leur dernier souffle, pour les maintenir dans l’espoir de ce qui les attend au-delà de la vieillesse ».

Lors de sa première visite en Ehpad, il confie avoir pris « une grosse claque » : « il m’a semblé voir en raccourci ce qui m’attendait dans quelques années, sans en connaître le délai… ». Première étape : surmonter sa propre peur de la mort. Puis de visite en visite, Jacques se laisser toucher par les personnes, leurs histoires de vie qui se laissent deviner sur les murs des chambres. En entrant en relation avec elles, Jacques sort de la vision « globalisante et négative » véhiculée dans les médias sur les Ehpad. En outre, il est frappé par le dévouement et la bienveillance des professionnels. « Ils sont des témoins qui ont interpellé ma propre patience…».

Entourer nos aînés jusqu’au dernier souffle

Certes, il lui arrive d’appréhender certaines visites, surtout lorsqu’il s’attend à peu voire aucune interaction. « Ce résident grabataire et aphasique qui passe ses journées à dormir, ou au contraire cette personne très bavarde qui va accaparer une bonne partie du temps que je pensais consacrer aux autres »… Et pourtant, même lorsque la rencontre est plus difficile, Jacques perçoit quelque chose d’encourageant dans cette présence simple et gratuite offerte par les visiteurs : « notre aptitude à rester en paix et en confiance se trouve être « contagieuse ». Les personnes nous le disent : nous sommes comme un cadeau qui vient rompre leur solitude intérieure ».

Cette humanité du quotidien, faite de gestes simples et d’attention bienveillante, a un effet transformant, observe Jacques, qui dépasse les murs de la maison de retraite. « Nous, visiteurs bénévoles, nous repartons revigorés d’avoir apporté aussi un peu de lueur (…) Côtoyer cette vulnérabilité, cette grande dépendance m’a donné la joie d’être en bonne santé pour aujourd’hui et maintenant, et aussi une grande confiance de savoir que d’autres se lèveront pour venir à mon chevet quand j’en aurai besoin demain ».

« Que votre lumière brille »

Identifiant ses propres fragilités et blessures, Jacques y discerne à présent un « chemin lumineux », comme des « vecteurs de compassion ». « Nos failles ont le pouvoir de s’élargir de compassion au contact de ces personnes visitées. Cette lumière intérieure que nous découvrons alors est faite pour se transmettre ». Et de conclure : « il ne tient qu’à moi, qu’à nous, de répandre cette lumière et de venir au secours de la misère qui est à deux pas de chez nous… ».