Retour sur le 401ème Grand Pardon de Sainte Anne

Mgr Matthieu Dupont, évêque de Laval a présidé les solennités du 401ème Grand Pardon de Sainte Anne. Dans ce diocèse des marches de Bretagne, la Sainte Vierge est apparue à quatre enfants en 1871, pour révéler l’importance de la prière. C’est cet appel à la prière qu’il s’est employé à faire retentir dans ce sanctuaire de Sainte Anne d’Auray, « port d’attache des familles », haut lieu de vivante tradition et de profonde communion.

Samedi soir, lors de la veillée, Mgr Dupont a invité les pèlerins à entrer dans une attitude d’écoute profonde. « Dans le secret de notre cœur, Dieu nous parle. Si nous sommes appelés à nous poser pour voir ce flambeau qui traverse nos vies, qui est le signe de la présence de Dieu, si nous sommes appelés à écouter, au-delà du bruit, les paroles et la Parole de Dieu qui résonnent dans notre cœur, c’est pour croire. » Invités à renouveler l’expérience d’Yvon Nicolazic se laissant guider par le flambeau de sainte Anne jusqu’au lieu de la découverte de la statue, les pèlerins se sont mis en marche pour la traditionnelle procession aux flambeaux.

Dimanche, après la messe en breton concélébrée par Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier et Mgr Laurent Dognin, évêque du diocèse de Quimper et Leon, la grande procession a empli la rue de Vannes pour gagner le mémorial, où a été célébrée la messe pontificale.

Suite de l’article à lire sous la vidéo de la procession et du mot d’accueil de Mgr Centène.

« Ce sanctuaire est le port d’attache des familles »

« Cette assemblée est tout à la fois une assemblée populaire et spirituelle, séculaire et toujours bien vivante dans laquelle bat le cœur historique, le cœur vivant de la Bretagne, a salué Monseigneur Centène. Ici, sur cette terre de Sainte Anne d’Auray, nous marchons sur les pas de nos pères. Depuis des siècles, sainte Anne tient une place unique et maternelle dans le cœur des bretons ; ce sanctuaire est le port d’attache des familles. Sainte Anne est la protectrice des foyers, celle vers qui on se tourne dans les joies, dans les épreuves, dans les espoirs. En venant ici ce matin, en lui confiant nos vies, nous puisons aux sources d’une tradition séculaire qui nourrit notre espérance et unit entre elles les générations. »

Evoquant le poids des lourdes souffrances de notre temps, « dans un monde profondément troublé par les guerres, meurtri par les violences humaines et l’insécurité mais aussi par la sourde révolte de la nature », Monseigneur Centène a exhorté les pèlerins à intensifier leurs prières. « Notre prière aujourd’hui doit se faire plus fervente, nos appels vers le Ciel plus pressants. Que ce Grand Pardon soit pour chacune et pour chacun d’entre nous pour le monde entier un moment de paix, de grâce et de profonde communion. Puissions-nous ce soir repartir d’ici fortifiés dans notre foi, enracinés dans la fraternité et devenus partout où nous vivons de véritables artisans de paix et de réconciliation.»

Prier, espérer, être pacifié

Mgr Dupont a proposé aux pèlerins de s’embarquer, non pour un mythique pays de Cocagne mais pour une destination toute spirituelle : « le pays de la prière », afin de découvrir que « par la prière s’ouvrent l’espérance et la paix : prier, espérer, être pacifié. »

Dans la prière universelle, les pèlerins ont confié toutes les familles, « afin qu’elles soient toujours des lieux privilégiés de la transmission de la foi et celui de l’apprentissage de la miséricorde. Pour que chaque famille soit un lieu de paix et un sanctuaire de la vie et de son respect, de la conception à la mort naturelle ».
En cette journée mondiale de prière pour les grands-parents et les personnes âgées et leurs petits-enfants, l’assemblée a également prié pour que les grands-parents puissent garder leur place privilégiée auprès de leurs petits enfants pour la transmission de la foi. Enfin, les membres de la confrérie de sainte Anne n’ont pas été oubliés : pour qu’ils rayonnent du message de sainte Anne.

Alors que se clôturait cette édition 2026 et comme un épilogue au parcours spirituel déployé sur ces deux jours de Grand Pardon, Mgr Dupont a enjoint les fidèles de « reconnaître la vie, l’accueillir comme des héritiers, consentir à être béni pour être porté par la tradition vivante dans l’Église. (…) non pas pour enfermer cette tradition, mais pour avec elle vivre, croître, grandir, se développer. »

Les messages de Saint Jean-Paul II, dont le sanctuaire célèbrera le 20 septembre 2026 le 30ème anniversaire de la venue, auront traversé les homélies de l’évêque mayennais. Et celui-ci de conclure en le citant une dernière fois : « Frères et sœurs, vous êtes-vous aussi en pèlerinage vers la cité de Dieu, sur votre route, que votre foi soit fermement fondée sur la Parole du Christ transmise dans son Église ». Très chers frères et sœurs, à la suite de ces paroles du pape Jean-Paul II, demeurons des hommes et des femmes de tradition dans l’Eglise. »